Introspection… ouille !

J’ai donc fini de lire ce fameux bouquin… et ça m’a fait du bien. Et du mal.

Cette lecture a remué beaucoup de choses : j’ai du surligner plus du tiers des phrases, tellement ce qu’elle y écrit correspond à ce que je peux vivre depuis le début. Le début ? C’est mon enfance… et la fin n’est pas encore écrite.

D’avoir refermé ce bouquin m’a plongée dans une semaine d’introspection intensive, une réflexion massive sur les pourquoi, les comment, les solutions éventuelles, celles que je me sens de mettre en oeuvre et les autres qui sont (encore) trop dangereuses pour moi.

Plusieurs conseils sont prodigués, avec quelques clés pour avancer. Mais ce qui est proposé parait d’une telle violence pour mes bleus à l’âme et mes kilos que je suis certaine que ce n’est pas encore le bon moment.

En substance, et je reviendrais en détails sur le point de vue de l’auteur dans un prochain billet, il faudrait laisser manger l’enfant qui est en nous et qui réclame son réconfort à grands coups de graisse et de sucre. Lui donner, sur une durée indéterminée (en fonction de nos blessures et de notre capacité à lâcher prise), ce qu’il demande.

La petite fille qui sommeille en moi est une écorchée vive, je l’ai toujours su. Je savais également qu’elle était la responsable de beaucoup de mes compulsions. Mais ce que je ne savais pas en revanche, c’est qu’elle contrôle la femme que je suis. Elle contrôle les autres compulsions, celles qui sont dues à ma vie d’adulte et qui me font tout aussi mal.

Si je devais appliquer, grossièrement, le concept, je devrais avoir toujours de quoi satisfaire mes angoisses sous la main, jusqu’à gaver cet inconscient qui réclame de la sécurité et de la douceur, tout en écoutant mon corps lorsqu’il sature et surtout, surtout, en prenant soin de moi en parallèle.

La dimension psychologique est énorme, la prise en charge doit l’être également. Je n’ai aujourd’hui pas les moyens de me faire suivre, mais garde de bonnes bases de ma précédente thérapie qui fut fort efficace (une séparation et une vingtaine de kilos en moins), je vais donc m’appuyer dessus pour avancer.

Mais une chose est sûre, c’est qu’après avoir lu et bien lu ce que cette femme propose, l’avoir mis en place sur deux jours également, je sais que je ne peux pas fonctionner comme ça pour le moment : ça me fait peur. La prise de poids inévitable que cela va engendrer sera insurmontable pour moi aujourd’hui.

Je vais donc ajuster mon tir : des révélations et envies que la lecture de ce livre a créé en moi, je vais en garder cette possibilité de me calmer sans culpabiliser, de gérer mes compulsions avec plus de bonté d’âme envers moi, en analysant, classiquement, ce qui me pousse sur l’instant et en essayant de travailler dessus.

D’autre part, je vais lire un second ouvrage écrit par la même personne, qui relate cette fois-ci la manière dont elle a réussi à aller au delà de ses compulsions en lâchant prise, en abandonnant le contrôle sur sa personne et ses souffrances, en admettant qu’elle mangeait parce qu’elle était en manque d’autre chose. En manque d’affection, en manque d’amour.

Ce livre est un mixte de ce que peuvent prôner certains analystes des compulsions et d’une expérience personnelle qui parlera à chacune d’entre nous. J’ai reçu l’autorisation de la maison d’édition d’utiliser certains passages du livre pour m’aider dans mon cheminement personnel, et pourquoi pas commencer l’écriture de mon histoire, car j’ai remarqué que la rédaction m’aidait beaucoup dans n’importe quelle guérison. Pourquoi pas celle-là ?

Le livre en question : « Quand manger remplace aimer », de Geneen Roth, aux éditions de l’Homme, 1999 (épuisé).

Ce que cette lecture m’a apporté d’immédiat ? La possibilité de ne plus penser à la nourriture à chaque seconde de ma journée (voire de ma nuit), d’être apaisée sur le fait qu’il existe un moyen de sortir de cette spirale, d’être confortée dans mon refus opiniâtre de faire des régimes, d’avoir appris que l’amour peut sauver de beaucoup de choses, tout comme il peut détruire quelqu’un à petit feu… et donc, que ma relation actuelle est trop belle pour que je tente encore et toujours de la gâcher en prenant du poids (afin d’éloigner l’élu de mon coeur, vous comprenez, ma vie n’est que souffrance, je ne le mérite pas… édifiant quand j’ai réalisé ça). Je lui ai donc ouvert mon coeur, mon poids, et mon livre surligné…

11 Réponses vers “Introspection… ouille !”


  1. 1 Cicciotella 19 novembre 2009 à 23:07

    Il faut en effet que tu lises le deuxième livre assez vite. J’ai peur pour toi quand je lis ça :

    « Si je devais appliquer, grossièrement, le concept, je devrais avoir toujours de quoi satisfaire mes angoisses sous la main, jusqu’à gaver cet inconscient qui réclame de la sécurité et de la douceur »

    Je sais bien que l’expérience est une lampe qui n’éclaire que soi, mais je peux te dire que gaver la petite fille qui a faim, ou la femme qui se déforme parce qu’elle a peur de plaire à un homme, ça mène à 30 kilos en trop, et que ni la petite fille, ni la femme n’y trouvent leur compte, même si elles y gagnent un relatif apaisement.
    Mon médecin m’a dit un jour qu’il pensait que c’était mieux de bouffer que de prendre des anxiolytiques ou des antidépresseurs ; il a raison. Mais s’il est possible de guérir ses compulsions autrement qu’en y cédant, il faut le faire.

    Par ailleurs, nous savons très bien toi et moi que la nourriture n’est pas la seule chose qui peut calmer nos angoisses. Il nous est déjà arrivé, même au plus fort des moins bons moments d’ »oublier » de nous gaver : une occupation intéressante, une sortie, une séance de sport qui nous a fait respirer, le sommeil, un sentiment de paix…
    Actuellement, je suis vraiment calmée par le sport et cela éteint mes fringales au lieu de les exciter.

    Tout ça pour te dire de ne pas tenter ce truc d’aller au-devant de l’hyperphagie avant d’avoir lu tout ce que préconise l’auteur…

  2. 2 giuliabella 20 novembre 2009 à 03:17

    (sourire) ton message me touche énormément… je suis heureuse que tu aies pris le temps de tout lire et que tu me fasses part de ton sentiment… bien évidemment, la phrase que tu as prise ne doit pas sortir de son contexte ni du temps employé pour l’introduire ;-) j’explique très clairement qu’aujourd’hui, ce dont je parle « grossièrement » (j’insiste sur ce mot car le concept est on ne peut plus complexe et je m’évertuerai dans un futur proche à le détailler un peu en utilisant des extraits) ne peut pas me convenir, et surtout, que lorsqu’on le met en place, il faut quand même des objectifs sains comme rester à l’écoute de son corps, ce qui n’est pas chose aisée dans nos situations…

    Je te rejoins totalement sur l’apaisement éphémère de cette saloperie que représente la compulsion, je suis passé par là et pour 50 kilos à mon actif, ce qui n’est pas rien… par contre, là où nos sensations diffèrent, c’est qu’ici, la nourriture n’a jamais pu trouver de palliatif : quand c’est elle qui est appelée, je peux faire n’importe quoi le besoin reste là tant que je ne l’ai pas assouvi. Maintenant, le sport par exemple (ou le sexe !) diminue la fréquence, mais ne les efface pas…

    Encore merci pour ton commentaire, vraiment.

  3. 3 Stephanie Bombinette 20 novembre 2009 à 19:25

    La « nouille », j’ai laissé un com concernant cet article sur celui d’après !!!

  4. 5 isabelle 20 novembre 2009 à 21:33

    hello guilla

    j’ai moi aussi lu ce livre il y a de nombreuses années et je l’ai apprécié

    cependant, et pour avoir beaucoup expérimenté dans ce domaine depuis, et en tant que psy, d’ailleurs, je ne pense pas qu’il faille manger pour calmer ses angoisses

    ne pas s’interdire le réconfort : OUI
    manger réconforte tout le monde, quand on a faim, et sans dépasser la satiété
    quand on a faim, sans dépasser la satiété, manger des choses que l’on aime et qui nous font du bien, c’est ça l’IDEAL
    moi je le fais tous les jours

    par contre le fait de manger sans faim, de manger au delà de la satiété NE RECONFORTERA ABSOLUMENT PAS ton enfant intérieur
    au contraire, ça lui fait peur, c’est violent
    et je te félicite parce que tu l’as parfaitement ressenti

    Fais confiance à cette intuition que tu as et qui est la bonne

    oui : on a souvent pris l’habitude de manger pour calmer ses angoisses
    non : ce n’est pas en mangeant plus que nécessaire qu’on réussira à les calmer bien au contraire

    en revanche : arrêter tout schéma de privation type régime traditionnel, toute interdiction alimentaire
    manger uniquement avec Vraie faim, et en se concentrant sur l’aliment, en le dégustant pour ressentir la satiété

    voilà pour l’instant
    dans le même style de bouquin, tu as celui de Michelle Joy Levine, à mon avis plus complet, en poche : le choix de maigrir
    elle décrit énormément d’émotions qui peuvent être à la base de manger, alors que Geneen n’en décrit que quelques unes (fort bien, si je me rappelle)

    bonne continuation!

    • 6 giuliabella 21 novembre 2009 à 11:57

      Isabelle, merci pour ton message complet et concis à la fois.

      Tu as raison sur l’idéal et je crois que c’est bien ce que l’auteur laisse transparaitre, mais pas évident de refaire une synthèse en quelques lignes et en voulant faire passer mes propres émotions concernant le sujet.

      En effet, j’ai ressenti les limites de cette méthode, sans garde-fou, et quand je parle de « prendre soin de soi », je voulais bien sûr faire allusion à ce sentiment de satiété qui est essentiel dans ce nouvel apprentissage, comme le propose G. Roth.

      Je note ta référence et vais continuer à suivre mon instinct : j’engrange et je laisse fermenter, je suis sûre que quelque chose de bon sortira de là…

  5. 7 Martine 21 novembre 2009 à 19:28

    Je suppose donc qu’il s’agit de ce livre dont tu m’as parlé.

    A ta lecture, j’entraperçois l’enfant en toi et puis également celui qui se cache en moi depuis tout ce temps…
    Et bah tu sais quoi ? Là, tout de suite maintenant, j’ai juste envie de pleurer. Comme l’enfant que j’ai été et que je reste au fond. Prendre la décision de replonger dans tout ce qui a créé chez moi ces interminables couches de graisse m’étouffe par avance.

    J’avais commencé à les écrire puis je me suis arrêtée. J’étais incapable de poursuivre. Cela nécessite de repartir en arrière alors que j’ai pris la décision d’avancer. Y faire face est trop tôt pour moi, je le sais depuis quelques temps.
    Et quelque part, j’espère que « le temps de » ne viendra jamais. Parce que je sais que je peux me faire sans cela. Imparfaite mais être…

    En tout cas, je le note dans un coin de ma tête pour le cas où.

  6. 9 Martine 21 novembre 2009 à 19:30

    Tu vois tu me déconcentres et je tape une adresse de blog qui n’existe pas… :o ))))

  7. 10 MALOU 26 novembre 2009 à 17:45

    il va falloir que je lise ce livre, je me retrouve dans tout ce que tu dis , alors peut etre cela me permettra moi aussi d avancer dans cette lutte quotidienne!!!


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_Objectif 1/5 : 121 kg > 109 kg

119 kg -> japonais en amoureux
en semaine 5... ok ! (le 03.02.10)

117 kg -> deux bijoux-piercing
(en semaine 8)

115 kg -> un soin du visage
(en semaine 11)

113 kg -> ciné-resto entre filles
(en semaine 14)

111 kg -> une pédicure en institut
(en semaine 17)

109 kg -> une gourmette gravée
(en semaine 20)

__ Résolutions 2010 ____________

1°) Obtenir mon diplôme

2°) Obtenir mon agrément

3°) Continuer mes activités

4°) Finir mon nid, vente ex-maison

5°) Partir à l'étranger cet été

6°) Me féminiser, voir le 100...