c'est la courte période de privation qui précède une prise de poids.

Des nouvelles

Je souhaite tout d’abord vous souhaiter une très belle année 2013. Pour faire simple et sincère, qu’elle vous apporte ce que vous désirez le plus, sans perdre de vue que parfois, l’essentiel est sous nos yeux.

Je vais déménager. Pas physiquement, car c’est déjà fait depuis octobre 2012, mais virtuellement. Ceux et celles qui souhaitent me voir par ailleurs peuvent avoir l’adresse du nouveau lieu par mail.

Edit : suite au commentaire de Jeanne, que je remercie, je vous propose de faire plus simple et de poster un commentaire sous cet article. Ainsi, j’aurai la possibilité de vous transmettre le lien. Giulia va disparaitre, car elle ne me représente plus réellement et je ne me sens plus libre d’écrire ce que j’ai sur le coeur dans cet espace.

A très vite,

A.

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Je stresse. Je ne sais pas trop pourquoi, mais je stresse. La dernière fois que je l’ai vu, c’était pour mon fils. Un peu abrupt ? Je ne sais plus, un peu rapide, peut-être. Mais il m’est conseillé par plusieurs personnes, alors je maintiens le rendez-vous et je m’y rends, les mains moites et la tête haute. J’attends, il a un peu de retard. Juste le temps de lire un vieux ‘ELLE’ qui me confirme à quel point je suis loin des jeunes femmes d’aujourd’hui. Enfin, de celles à qui ce magazine parle en tous cas.

C’est mon tour. Il forme des médecins de Montpellier, donc une jeune femme l’accompagne (elle est visiblement enceinte, de quatre ou cinq mois et je me dis rapidement que ça doit pas être évident pour elle de tout concilier, en tout début de carrière, tiens…). Il me demande ce qui m’amène tout en prenant ma carte vitale, se souvient via la lecture du nom de famille de mes enfants qui apparait à l’écran que j’avais promis de revenir pour moi, et me voilà !

J’annonce la couleur : je souhaite changer de médecin. Je lui explique que j’aimerais faire un bilan sanguin, dans le cadre d’une (nouvelle, énième…) prise en charge de mon problème de poids. Tiens, c’est drôle, je n’ai pas dit « problème avec la nourriture » ou « hyperphagie ». Non, j’ai parlé de mon poids. Je ne m’en rends que très légèrement compte sur le coup, mais en écrivant, là, maintenant, je me dis que c’est un peu révélateur d’une des idées qui me font le plus mal en ce moment : celle qui me dit que ce ne sont pas vraiment des problèmes, que j’ai, juste un manque de volonté, car il est facile de se cacher derrière des problèmes psys quand on veut n’en faire qu’à sa tête, non ? Mais ne nous égarons pas.

Il me regarde, me pose deux ou trois questions, je lui explique les deux… les deux… je ne trouve pas mes mots, je vais finir par opter pour « circonstances », qui me font manger en dehors des repas. Car oui, pour l’alimentation au quotidien, je mange normalement, même plus que normalement, quand tout va bien : j’aime les légumes, j’adore le poisson, (quand ma cuisine est propre et dégagée) je cuisine… bref, aux repas principaux, ça roule. Je lui parle de mes compulsions, donc, quand je suis triste, déçue ou en colère (et que j’avais plus ou moins réussi à « maitriser » fut un temps) et de celles qui me tombent dessus quand je ne mérite pas ce que j’ai, le bonheur que l’on m’offre…

Il me demande si j’ai déjà essayé le Prozac. Mauvais point docteur.

Je lui réponds que les médicaments, c’est pas mon truc, ça me fait peur, les effets, la dépendance, tout ça. Il me répond avec un large sourire que ça a largement fait ses preuves dans les épisodes de troubles du comportement alimentaire et que c’est carrément une réponse toute indiquée pour démarrer un suivi, quel qu’il soit. Je lui répète que moi, ça me fait peur et que dans l’immédiat, je ne peux pas m’y résoudre. Et lui de me répondre que ce qui lui fait peur, c’est mon poids. Mais il finit par (tenter de) me rassurer en me disant que c’est juste une question. On enchaine sur l’arthrose (dam’, j’ai oublié mes radios) et sur ce que nous devrons revoir la prochaine fois.

On parle diététicien (déjà consulté) et ancien suivi psy, yoyo de près de vingt kilos sans souci, de repas habituellement équilibrés et de compulsions pures, sans boulimie ni anorexie, sans vomissements, juste des aliments doudous qui me font du bien et ne me font pas culpabiliser quand je les consomme (mais alors après, c’est une autre histoire). On parle quelques minutes de ma thyroïdectomie, ma difficulté à m’équilibrer depuis quatre ans, mes allergies variables, mon prochain rendez-vous psy, dont il souhaite avoir des nouvelles. Je lui touche deux mots du site de Zermati et Apfeldorfer, ce qui ne semble pas le moins du monde l’émouvoir.

Il me demande de me dévêtir, la jeune femme sort. Je me rends compte que je ne suis toujours pas pudique, malgré tous mes kilos, je me déshabille sans honte. Juste un bref sentiment d’être une petite fille prise en faute et qui va se faire gronder pendant que j’enlève mon pantalon, mais c’est très fugace. Je monte sur la balance qu’il met deux minutes à régler, sans réagir à mon commentaire sur la marque qui est la même que mon impédancemètre  et là il me parle du sujet qui fâche (je n’ai même pas regardé les chiffres, tellement absorbée par la conversation).

Et sinon, l’opération…?

Je réponds très rapidement, avec un petit rire sans joie que c’est la raison précise qui me fait changer de médecin : l’insistance du précédent à me faire ouvrir le ventre. Il bafouille que ce n’était là encore qu’une question, je continue mon explication, pour ne pas passer pour la niaise qui grossit, grossit, grossit, sans vouloir trouver de solution, parce que bon. Je lui précise qu’une opération jouerait certainement sur le poids, de manière immédiate, mais après, quid de mes compulsions ? Comment les gérer si je n’ai même plus la capacité physique de les accueillir au risque de me mettre en danger ? Je lui rappelle ma peur, encore une fois (qu’est ce que j’aurais pu en parler de ma peur, de mes peurs…) et que la solution ne peut pas démarrer par là. Il acquiesce.

Il me demande si j’ai eu des soucis, dans mon enfance. Je me rends compte que j’ai bien du mal à livrer quelques phrases sans les trouver d’une banalité à faire pleurer, dénuées d’intérêt et surtout, sans aucune valeur de justification sur la situation. Voici les phrases qui sont sorties de ma bouche : mon père m’a abandonnée à deux ans jusqu’à accepter de me faire adopter par le nouveau conjoint de ma mère, qui n’est lui-même pas resté longtemps, ma mère ne s’est jamais occupée de moi et m’a laissée élever mes frères seule… de grands classiques, en somme. Il a tout de même mentionné le mot « douleurs », ce qui m’a fait du bien. Je réalise qu’il a pris ma tension, pendant ce temps-là.

Je me rhabille, retourne au bureau et reviens sur l’alimentation que j’avais déjà soumise à un nutritionniste il y a quelques années, lequel ne m’avait donné que quelques informations sur les viandes et les fromages, n’ayant pas grand commentaire à faire sur ma façon de cuisiner et d’organiser les repas. Il tient quand même à ce que je tienne un carnet alimentaire sur une semaine, aliments et quantités, pour faire le point. Il parle des compulsions et je l’avertis que compulsions il n’y aura pas, puisque je suis « surveillée » par la prise de notes sur le carnet. Oui, je suis vicieuse, même avec moi-même. Et d’un coup, je me rends qu’il a une spécialisation de diététique ! Je ne m’en souvenais pas… les deux premières consultations seront donc plus chères et je n’aurais pas juste le suivi médical « général » que j’aurais voulu. Pourquoi je ne lui ai pas dit ? Je ne sais pas, ça ne m’est pas venu à l’esprit à vrai dire.

Je lui rappelle mon suivi sur le site linecoaching et l’informe que je note déjà les repas et les circonstances des prises alimentaires. J’en profite pour le questionner sur ce qui me terrorise à l’heure actuelle avec la nouvelle méthode que j’essaie : sauter un repas si l’on n’a pas faim. Il trouve que c’est une hérésie, bien entendu. Que loin de faciliter la vie sociale et familiale, c’est également une façon de dérégler les habitudes horaires. Je lui rappelle que le principe est de redécouvrir la sensation de faim et de satiété, afin que les mécanismes se remettent en place naturellement. Il me propose d’essayer une semaine et de voir, mais je sens aux mots qu’il emploie qu’il n’a pas vraiment saisi l’idée, car il pense que ce n’est que manger lorsque l’on en a envie et rien d’autre. Ou alors, il n’aime vraiment pas le concept d’essayer de rééduquer son estomac et son esprit…

Je le quitte sur un regard amusé, et reviens mitigée à ma voiture. La première idée qui me vient en tête, c’est que j’annulerai le rendez-vous que nous venons de prendre pour mardi prochain. Je m’imagine déjà appeler la secrétaire pour le faire, la tête du médecin qui se dit ‘encore une qui ne veut rien faire pour que ça change’ et puis je me dis « attends, attends un peu… rien sur un coup de tête ». De toutes façons, je vais faire un point sanguin. Ensuite, nous verrons… Je me dis quand même qu’une personne, un professionnel de la médecine, qui entend que je suis victime de compulsions alimentaires généralement en dehors de mes repas et me propose quand même l’opération, ben… il y a quelque chose qui ne colle pas.

A suivre…

Je m’inscris. Je résilie en même temps mon abonnement WW online que je n’ai pas exploité depuis plusieurs mois maintenant.

J’ouvre mon espace personnel et je prends connaissance de la première vidéo de présentation du site. Lorsque j’ai terminé, je démarre mon programme alimentaire et là c’est Monsieur Zermati qui apparait pour 7 minutes d’une vidéo qui explique en détails pourquoi suivre ce programme est une bonne chose pour moi, qui n’arrive pas à réguler mes prises alimentaires et qui peine à sentir la satiété. Il me promet carrément de retrouver des sensations normales au niveau alimentaire. J’aime à le croire. La dernière expression de son visage avant la coupure est spéciale. Je ne saurais dire comment, mais, elle m’a parlée.

J’entreprends de répondre au long questionnaire qui est normalement la base du début de mon coaching, je personnalise ainsi mon parcours. Les questions sont bien étudiées, l’hyperphage que je suis s’y retrouve parfaitement. Un bilan est réalisé automatiquement par la machine, avec des réponses toutes faites mais néanmoins relativement colorées de bon sens (et avec quelques fautes d’orthographe, aussi). Ce que j’ai préféré :

Vous semblez être assez perfectionniste et exigeant vis-à-vis de vous-même et des autres. Mais attention, si vouloir faire au mieux et avoir le désir de réussir sont des atouts, le perfectionnisme peut devenir un frein dans le programme. Le fait de mettre la barre trop haut peut vous empêcher de passer à l’action car vous craignez de ne pas y arriver parfaitement du premier coup, ou parce que vous vous mettez trop de pression. Vous en venez à choisir de ne rien faire plutôt que risquer de faire imparfaitement, ou repousser au lendemain en permanence. Cela déclenche en vous de la colère contre vous-même, ou de la dépression.

Notre programme ne nécessite pas que vous fassiez tout parfaitement. L’essentiel est de faire de son mieux, d’avancer à son propre rythme, en tenant compte de ses possibilités, de ses contraintes, sans jamais perdre de vue l’objectif final.

Le comportement alimentaire, d’une façon générale, s’apparente à un bricolage permanent, avec de nombreuses possibilités d’auto-correction automatiques. Il est donc vain de chercher à établir un comportement alimentaire « parfait ». Nous vous encourageons à faire preuve de souplesse et de bienveillance à l’égard de vous-même tout au long de ce programme. C’est ainsi, en avançant pas après pas que vous progresserez le mieux !

Lorsque vous ne faites rien de particulier, vous avez tendance à être envahi(e) de pensées pénibles, ou vous cherchez à trouver des solutions aux multiples problèmes auxquels vous êtes confronté(e). Ou encore vous craignez que vos émotions ne prennent le dessus et vous conduisent à dire ou faire des choses que vous pourriez regretter.

Cela occasionne pour vous de la tension, de la fatigue mentale. Vous cherchez à détourner votre esprit de ces problèmes le plus souvent possible. Pour cela, vous cherchez des distractions, des activités qui accaparent votre attention. Le recours à des prises alimentaires exagérées, ou à l’inverse la pratique des régimes ou du contrôle diététique peuvent également être des stratégies qui permettent de masquer, oublier, en tout cas minorer émotions et pensées pénibles. Malheureusement, les différentes conduites que vous utilisez pour vous protéger finissent par devenir des addictions. Vous ne pouvez plus vous en passer, et tout cela induit de nouveaux problèmes.

Notre programme va vous permettre d’augmenter votre tolérance émotionnelle, de telle sorte que vous n’ayez plus besoin de faire appel à des stratégies d’évitement émotionnel. Vous apprendrez à accueillir vos pensées, quelles qu’elles soient, à vivre vos émotions, quelles qu’elles soient. Et en particulier, vous n’aurez plus besoin de recourir à des prises alimentaires exagérées, ce qui devrait vous permettre de perdre votre surplus de poids.

Nous entrons ensuite dans la phase « j’observe mon comportement alimentaire ». Je démarre le programme pour de bon et là, un quizz ! Youhou ! J’adore les quizzes ! Et me voilà partie dans la définition des sensations alimentaires… Je cartonne plutôt pas mal dans mes réponses, jusqu’à me planter littéralement à la dernière. Et je pense que je suis loin d’être la seule ! (Manger sans faim, c’est trop manger pour vous ?)

On me propose des défis ! J’adore les défis ! J’en accepte deux sur trois, je reste raisonnable (et petite joueuse : pas d’escalators ou d’ascenseur dans mon quotidien). J’en ai pour sept jours d’observation pour les relever. Je dois par exemple manger un repas par jour plus lentement. C’est jouable. J’en ai pour huit jours concernant mon carnet alimentaire par contre. J’apprends les notions de faim et je devine l’idée de satiété. J’ouvre le bal en saisissant mon petit-déjeuner, mon déjeuner…

A suivre.

Ouch…

Deux mois… et pourtant, j’ai l’impression d’avoir déserté pendant une éternité. Et paradoxalement, que ces deux mois sont passés en deux jours.

Comme prévu, la chute a été rude. Après deux cycles pleins (soit environ un mois), je suis descendue aux enfers.

[chéri, je confie ci-dessous des choses dont tu peux ne pas avoir conscience et pouvant heurter blablabla…]

Le pire, dans ces moments-là, c’est la capacité que je peux avoir à me pourrir toute seule. Lorsque je vais consciemment à la boulangerie acheter mon trio de pâtisseries (ben oui, plus, ça pourrait faire louche), lorsque je m’enfile je ne sais combien de paquets de twix après les avoir regardés pendant des jours sur mon étagère, puis dans leur pot, puis… dans ma main, lorsque je mange seule devant le frigo, en pleine nuit, de la charcuterie arrosée de coca-light (bonjour la bonne conscience) et à bien d’autres occasions encore.

Je ne sais vraiment pas ce qui me pousse à me faire du mal comme ça. Enfin, à me faire du bien quand je mange (la sensation de douceur et de plaisir quand le glaçage du mille-feuille frôle mon palais ou quand le caramel se mélange au biscuit de la barre chocolatée sur ma langue est indescriptible) tout en me raillant de m’abandonner à mes compulsions. Ai-je d’aussi lourdes choses à me reprocher ? Lesquelles ? Sont-elles avouables ? Peuvent-elles être apaisées ? Que de questions…

Je ne vais toujours pas bien. Dans ma tête, comme dans mon corps. Et ce n’est pas le semblant que j’arrive à mettre en place pour trois ou quatre semaines qui va changer quoi que ce soit à l’affaire. Je n’ai plus de capacité respiratoire, plus de genoux, plus de taille, plus de menton, plus de force, plus de souplesse, plus d’énergie… Quand je pense à mes enfants, je voudrais le meilleur pour eux, ce qui induit, narcissiquement, d’être le plus longtemps possible à leurs côtés. Alors pourquoi me tuer à petits feux comme je le fais ?

Tour à tour des sentiments de détresse profonde, sans vraiment savoir ce qui la déclenche, mais qui ne me donne qu’une idée en tête, que tout s’arrête, parce que c’est trop dur, de culpabilité d’avoir des gens merveilleux dans mon entourage et de ne pas réussir à leur montrer mon vrai visage (oui, parce que je suis convaincue d’être une mauvaise personne, dans le fond, j’ai réussi à identifier ça, et que mon côté ultra-serviable à m’embarquer dans n’importe quel projet ne sert que de paravent), de honte d’en être arrivée à plus de 130 kilos alors que j’avais tout pour moi (même si je ne le sais que depuis peu.. foutu entourage qui n’a pas fait son boulot de flatterie d’ego comme il se doit), de lassitude, parce qu’aucune solution ne peut fonctionner, en réalité (manger équilibré ? je sais faire… ne plus avoir de compulsions ? c’est impossible… faire du sport ? je ne peux plus…), le cercle vicieux ne voulant pas se casser.

[chéri, si tu as préféré passer les lignes douloureuses, tu peux reprendre ta lecture…]

Bref. Mon objectif n’est pas de miner votre journée, même si ça y ressemble bien.

Cette semaine, ou la semaine dernière, je ne sais plus, j’ai pris rendez-vous avec un généraliste, pour faire un petit bilan (sanguin, général, etc…). Je change de généraliste, bien entendu, je vous en dirai plus lorsque je l’aurai vu. Lundi prochain.

Ensuite, j’ai pris rendez-vous avec une psy(chiatre ? chologue ? je ne sais plus), qui est la seule étiquetée TCA et/ou TCC pas très loin de chez moi (30 minutes quand même). Pris pour courant juillet. Je vous tiendrai au courant également (s’il y a toujours quelqu’un dans les parages).

Pour finir, aujourd’hui, 1er juin, premier jour d’un nouveau mois (on ne connaissait pas le concept, tiens), j’ai cliqué sur Linecoaching.com, histoire de. De quoi ? Je ne sais pas trop, à vrai dire. De voir, je suppose. D’essayer certainement. A la différence que là, je ne cherche pas à perdre du poids, je cherche plus à comprendre (même si des kilos en moins, soyons honnêtes, ça ferait du bien sur les genoux la balance). Car finalement, j’ai l’impression d’avoir pas mal de clés, mais rien ne bouge, au contraire ; je passe sans cesse des paliers de poids qui deviennent trop critiques pour être tus.

J’ai pourtant le bonheur d’avoir des enfants en bonne santé et de bonne composition, un mari exceptionnel (j’ai même encore du mal à réaliser qu’il est à mes côtés), un travail pas forcément évident à faire décoller mais que j’ai choisi et que l’on me donne l’opportunité de développer, des amis disponibles et aimants, pas de gros soucis d’argent, alors quoi ? Qu’est ce qui ne va pas ?

Moi ?

Boost

Vos commentaires ont été encourageants. Je ne fermerai pas ce blog. Je ne viendrai pas tous les jours, mais un article hebdomadaire doit être du domaine du réalisable. Je ne me pose aucune condition, ni limite, histoire de rester dans la dynamique que j’explore actuellement : pas de contrôle, juste de l’écoute, de l’envie et la raison, quand elle veut bien.

Voilà deux semaines que je mange beaucoup moins, mieux, avec toutes sortes de tentations sous la main, mais qui ne me disent absolument rien. Je ne sais pas combien de temps ça va durer (comme d’habitude me direz-vous), je profite, tout simplement. Quand je sors, je me fais plaisir, quand rien ne me tente vraiment, je choisis un menu léger, quand j’ai envie d’un bonbon, j’en prends un et je le savoure, quand je mange trop rapidement quelque chose, au lieu de culpabiliser, j’essaie (oui, parce que je commence toujours par culpabiliser, bien entendu) de me raisonner et de mieux faire la fois suivante : déguster, dans le calme, en reposant ma fourchette, pleinement consciente de ce que je suis en train de faire.

Deux semaines, c’est peu, et j’ai déjà ressenti cette mouvance qui a l’air d’annoncer un jour nouveau, donc je ne m’emballe pas. En revanche, si je ne contrôle pas, je lutte ardemment. J’ai pu constater que j’évolue par phases, une quinzaine de jours positifs puis quelques jours au plus profond du désespoir. J’en sors à peine. J’ai utilisé la méthode Coué de façon intensive, car si mon mari est un monstre de patience et fait preuve d’un respect inimaginable face à ma gestion bien personnelle de mes périodes de détresse, j’avoue que les derniers jours ont été très rudes. Je ne sais pas trop ce qui est le déclencheur, malgré tout. Peut-être plus tard, en continuant à me poser pour réfléchir, en prenant le temps ?

J’ai du verbaliser mes tentatives de motivation (« j’ai décidé que ça irait bien, donc ça ira bien ») pour ne pas baisser les bras face à la moindre miette qui tombe à côté de la poubelle ou au bibelot qui tombe et se casse en mille morceaux. Oui, dans mes plus mauvais moments, j’en suis là : le plus petit détail qui va de travers sera le premier d’une longue liste qui ne fera qu’empirer mon désarroi et mon sentiment de n’arriver à rien de bon. Que de toutes façons, cassé pour cassé, sali pour sali, tout le reste peut bien décliner, je m’en fous, fichu pour fichu, allons bouffer ! J’arrive, pour le moment, à sortir de cette spirale-là. Je sollicite mon entourage, aussi, et ça fonctionne pas mal. Le fait de réussir à tenir la maison, niveau propreté et rangement, ça fait aussi toute la différence dans mon environnement.

Tous les matins, je m’interdis de descendre sans être habillée et apprêtée : dès que je démarre ma journée en pyjama, je reste une loque pendant des heures, le moral se ralliant à la tenue. Du coup, en prenant ma douche, en choisissant mes habits, mes bijoux et mon maquillage avec soin chaque matin, au son d’une musique rythmée, je me mets en condition pour m’apprécier et faire en sorte que la journée « vaille le coup ». La victoire sera acquise lorsque je n’aurai plus besoin de ce cérémonial pour que ma journée se déroule, même avec des embûches, sans crise d’hyperphagie. Aujourd’hui, il ne se passe pas 24 heures sans qu’une personne ne me complimente sur ce que j’ai préparé le matin, et ça, ça fait du bien. Entendre mon amoureux me dire que je sens bon, un ami me dire que je suis en beauté, ma prof de piano me dire que je suis « toute belle », c’est chaud, gratifiant, meilleur que le plus savoureux des palliatifs alimentaires.

A me relire, j’ai l’impression qu’il y a quand même beaucoup de contrôle, beaucoup de conditions qui doivent être réunies pour que ça fonctionne et pourtant, je ne le ressens pas comme ça. Je me refuse à faire des listes, à part celle des courses (et encore) et mon agenda pour la semaine, afin de ne louper aucun RV important. Quand je ne prévois pas à l’avance les menus, j’arrive à cuisiner léger avec ce que j’ai sous la main, ou mieux, à faire le déplacement jusqu’au supermarché du coin pour faire en sorte. Je n’ai plus envie de cuire une marmite de pâtes pour m’éviter de bouger. J’ai juste envie de me faire du bien en me faisant plaisir (je découvre l’univers de la papillote et c’est un régal !). Je pense quand même revenir à des menus hebdo, ou au moins une liste de plats qui pourraient être disponibles à la préparation, afin de moins courir !

Voilà mon roman de la semaine… j’en suis à 7,1 kg de perte, avec plusieurs restos et des petits plats mitonnés maison… Je bois un litre de thé et une bouteille d’eau par jour, mes pieds ont largement désenflé ! J’ai changé de dizaine ce matin, ça fait du bien, même si j’ai toujours aussi peur que les choses s’arrêtent, stagnent jusqu’à ce que je n’en puisse plus et que je retombe dans le cercle vicieux. J’ai tellement l’impression que ce n’est pas pour moi, la réussite, la légèreté… je m’accroche quand même, hein ! Mais c’est latent… En changeant de dizaine, je me suis mise à la piscine, alors que je suis une piètre nageuse, mais j’aimerais m’y tenir quand même, le lundi et le vendredi midi, quand j’en ai l’occasion. Prochaine dizaine, je reprendrai la marche. Pas avant car pour le moment, lorsque je marche plus d’un quart d’heure, j’ai des oedèmes jusqu’aux mains. Et puis, faire les choses graduellement m’aide également à ne pas me sentir submergée, par les choses à faire, par le sentiment d’être dans l’urgence.

Merci à toutes, de continuer à venir me voir, malgré mes disparations plus ou moins longues…

Comme je le dis souvent, je suis toujours debout ! Pas toujours dans de bonnes conditions, cela dit. Mais je suis toujours là.

Ca fait 3 ans que j’ai ouvert ce blog. Et depuis trois ans, j’ai pris des dizaines de kilos. Pas en une seule fois, bien entendu : depuis trois ans, je yoyote allègrement sur une base d’environ 25 kg.

J’ai l’impression que mes publications sont dénuées d’intérêt et d’utilité. Est-ce que ce blog pourrait m’aider quelque part ? Je n’en suis pas sûre.

Est-ce que le fermer est une bonne décision ? Je n’en sais fichtre rien.

Et vous ? Que vous apporte votre plateforme d’expression libre ?

 

17.11.11.

Je me sens bien.

Je suis fatiguée par un rythme trop intense à tenir, mais j’ai le courage d’ouvrir les yeux et de savoir ce que je dois ralentir pour ne pas être engloutie comme je le suis actuellement. C’est une bonne chose.

Je ne mange pas beaucoup, hormis les sorties « anniversaire », ce qui fait que je ne dois pas beaucoup cumuler sur « la balance ». En tous cas, je suis bien dans mon corps en ce moment, seules les douleurs articulaires persistent : je vais devoir aller plus loin sur le sujet.

Je n’ai plus de compulsions depuis plus de deux semaines. C’est un petit score, mais ça reste une durée significative pour moi, qui devait absolument manger quelque chose de sucré après un réveil intempestif, qui devait absolument finir la barquette de raclette/charcuterie/tout ce qui pouvait se trouver dans le frigo, qui devait absolument avoir un « vrai » repas en guise de déjeuner et dîner…

Je suis toujours là, mais je suis différente. Pour combien de temps ?